Beau temps, mauvais temps, jour ou nuit, ils s'activent, ils travaillent, toujours en pleine forme, toujours à l'heure, silencieux, très discrets, bref, ça y est, les robots partent à l'assaut des golfs.
«Et ils sont très efficaces!», lance, enchanté, le directeur général du Club de golf Sainte-Marie, M. Harold Guay.
L'an dernier, le club de Golf Sainte-Marie, en Beauce, a fait l'acquisition d'une tondeuse de ce genre et cette années, 3 autres seront acquises car, aux dires de M. Guay, il s'agit là d'un investissement très satisfaisant.
«Dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre, dit-il, il y a là une très bonne solution au problème, du moins en partie.»
M. Guay ne tarit pas d'éloges à propos de ces robots:
«Avec nos 4 tondeuses robotisées, nous couvrirons environ 50% des fairways et des roughs du parcours. Il n'y a pas d'aiguisage. On change les lames toutes les semaines (peu cher et facile à faire). Une programmation à partir d'un téléphone. Design de coupe selon notre goût (ligne droite, diagonale). Alerte sur le téléphone en cas de panne ou de problèmes. C'est un robot intelligent et autonome une fois programmé.»
En Europe, les robots sont de plus en plus nombreux sur les fairways. Au Québec, ils commencent à faire leur apparition et, à en croire Dany Beauséjour, propriétaire du club Le Sélect, à Mirabel, l'utilisation des tondeuses robotisées sera continuellement à la hausse au cours des prochaines saisons.

Celui-ci gère d'ailleurs une franchise de la marque Kress, une tondeuse robotisée conçue en Allemagne. À ses yeux, il y a bien sûr la réponse au problème de recrutement de main-d’œuvre que permet cet investissement, mais il y a plus. Il parle même de valeur ajoutée.
«Quand vous achetez une grosse tondeuse à gaz, explique-t-il, il n'y a aucune part d'investissement là-dedans, ça demeure une dépense. Vous faites le plein et vous y placez un opérateur qui fait ensuite le travail. Mais cela demeure de la maintenance, rien de plus.
«Avec le robot, poursuit-il, on libère un employé. Ainsi, plutôt que d'être occupé à tondre, cet employé devient disponible pour d'autres tâches comme, par exemple, réparer un drain. Bref, il participe à l'amélioration du terrain.»
Toujours selon M. Beauséjour, le retour sur l'investissement, lors de l'achat d'un robot chargé de la tonte, se fait en trois ans si l'on compte les salaires en moins et l'économie faite sur le prix des carburants.
«Ici au Sélect, précise-t-il, on a calculé qu'on utilise au moins 50 litres de diesel quotidiennement en moyenne, 5 jours par semaine. Avec des tarifs d'électricité abordables au Québec, on fait vite des économies. Ça peut aller jusqu'à 500$ par semaine sur le carburant!»
Programmation
Les tondeuses robots utilisées sur les terrains de golf se vendent environ entre 20 000$ et 40 000$, dépendamment du modèle. Elles peuvent servir à tondre les rough, les allées, les départs et les bavettes près des verts.
«Actuellement, explique Dany Beauséjour, il n'y a pas de robot conçu pour tondre les greens. Ces robots sont à lames et ça ne fonctionne pas pour les verts. Mais c'est en développement, c'est certain que d'ici peu une compagnie va offrir ce type de robot pouvant tondre les verts.»
Le robot travaille selon la programmation voulue par l'équipe de terrain: la surface à tondre, la hauteur de l'herbe à respecter, le moment du jour, etc. Il est question de recharge de 30 minutes pour 2 heures de travail selon un modèle pendant qu'un autre exigera une recharge de 1h30 pour 3h30 d'utilisation.
«C'est la tondeuse elle-même qui va se recharger, mentionne M. Beauséjour. Elle sait se garder de l'énergie en fonction de la distance qu'elle devra parcourir pour retourner au chargeur.»
Eh non! On n'arrête pas le progrès!







