Comme tous les surintendants, Jean-François Marinier a récemment retiré les toiles de ses greens au Ki-8-Eb à Trois-Rivières et, comme tous les surintendants, c'est avec un peu de fébrilité qu'il a posé ce geste répété à chaque printemps au Québec. Plus particulièrement sur deux de ces verts, soit ceux des trous 5 et 10.
«Compte tenu du printemps difficile, précise-t-il, ça n'a pas été facile pour l'enracinement. Néanmoins, cela valait l'investissement.»
À la fin de l'hiver, d'une année à l'autre, découvrir les greens demeure un moment cruciale dans une année de travail pour les surintendants craignant de mauvaises surprises. Alors M. Marinier a poussé un soupir de soulagement en voyant l'état de ces nouveaux verts construits l'an passé.
Ainsi donc, les usagers du club Ki-8-Eb, à Trois-Rivières, vont donc découvrir cette année deux nouveaux greens aux trous numéro 5 et numéro 10 (photo en manchette).
«Ils étaient complètement morts, ces verts. Vieux de 100 ans, on ne pouvait plus les garder, il n'y avait plus rien à faire avec eux. Il fallait carrément les remplacer», explique le surintendant.

Et tant qu'à en construire des nouveaux, la direction du club a décidé de revoir totalement leur forme, d'y ajouter certaines difficultés comme des bunkers avoisinants, bref d'en faire un tout nouveau design.
«Nous avons changé ces deux trous, poursuit M. Marinier, mais il s'agit d'une première étape puisqu'au total, nous avons au moins 5 trous dans cet état, c'est-à-dire 5 trous qui sont à refaire car trop vieux. Sauf que ce n'est pas donné, refaire entièrement des greens. Pour les deux que nous avons changés cette année, on parle d'un investissement dans les 100 000$. Alors la construction des autres verts se fera les années suivantes, un à deux par an, on ne le sait pas encore officiellement, c'est à planifier.»
Une entreprise spécialisée
Les fameux greens sont finalement bien sortis comme le souhaitait le surintendant.
«J'avais confiance, nous avons eu un bon partenariat avec Verkest», mentionne Jean-François Marinier.
Quand nous avons discuté la première fois de ces changements sur le terrain avec le surintendant du club Ki-8-B, nous participions au séminaire de l'association des surintendants se tenant à Drummondville, à la mi-mars.
À ce moment, devant nous, il y avait justement le stand de la compagnie Gazons Verkest, une firme spécialisée dans la construction sur les terrains de golf, les stades de baseball ou, encore, ceux pour le soccer. «Nous avons d'ailleurs une très belle collaboration avec le FC Montréal», précise la présidente et propriétaire de l'entreprise, Mme Julie-Jasmine Rathé lorsque M. Marinier nous présente.
Il y a 5 ans, Mme Rathée devenait l'unique propriétaire de cette entreprise très active dans le domaine du golf au Québec.
«Nous sommes associés à plusieurs projets d'agrandissement, d'amélioration, de réparation ou, encore, de finition, chez les golfs du Québec, relate-t-elle. Entre autres, nous avons collaboré au projet de construction du second 18 trous au club La Tempête, à Lévis.»
Gazons Verkest compte une vingtaine d’employés pour des services spécifiques comme la mise à niveau de tertres de départ, la rénovation complète des bunkers, la réparation ciblée sur les verts, les travaux de drainage, l'installation de gazon sur petites et grandes surfaces et la réparation de zones problématiques sur le gazon.
Selon Mme Rathée, le carnet de commandes de l'entreprise est toujours garni pour au moins 12 mois d'avance. Plusieurs clubs prennent de l'âge et des projets de rénovation apparaissent régulièrement. Verkest, comme bien d'autres entreprises, doit cependant composer avec le problème de la pénurie de main-d’œuvre.
«On doit refuser ou reporter des projets à cause de cette réalité, dit-elle. Nous avons toutefois pu compter sur de l'excellente main-d’œuvre étrangère. Nous avons une très bonne équipe de travailleurs en provenance du Guatemala. Ce sont des employés minutieux, appliqués, qui sont fiers de leur travail.»
On l'oublie ou, plutôt, on ne le remarque pas nécessairement, on constate simplement en marchant sur un terrain la beauté des lieux, la façon intéressante qu'un secteur et/ou une partie du parcours ont été construits, aménagés de manière à rendre le tout agréable à l’œil. Pas juste la beauté, mais aussi la solidité, l'efficacité, bref la qualité des installations pour qu'au final, car c'est le but ultime, les conditions de jeu soient idéales.
Derrière une œuvre, il y a des artistes, des artisans, et un parcours de golf sera toujours un si beau et grand tableau.








