En ces temps troubles et d'incertitude avec un Trump qui annonce à tous vents des tarifs par-ci, des tarifs par-là, quels pourraient être les effets de ces mesures sur l'industrie du golf au Québec? À prime abord, il y a à l'horizon des répercussions négatives mais… mais aussi des effets positifs selon plusieurs intervenants du milieu interrogés à ce sujet.
«Nous sommes encore trop dans l'incertitude pour affirmer si les tarifs douaniers que les États-Unis veulent imposer au Canada vont affecter l'industrie du golf. Toutefois, c'est clair que si ces mesures tarifaires sont appliquées, elles auront des répercussions sur nous.»
Trevor Anderson agit comme surintendant au club de golf Mount Bruno tout en occupant le poste de président de l'Association des Surintendants de Golf du Québec (ASGQ). Interrogé récemment sur le menaces de Trump, justement à l'occasion du séminaire de formation annuel de l'ASGQ ayant eu lieu la semaine dernière à Drummondville, il rappelait que plusieurs produits utiles aux terrains de golf (engrais, équipement d'entretien, pièces mécaniques…) proviennent justement des États-Unis.

«Quand on sait que les principales dépenses associées aux opérations d'un club de golf proviennent de l'entretien du terrain, explique-t-il, il est évident que si les prix augmentent chez nos fournisseurs, les prix augmenteront aussi pour les abonnements de golf et les droits de jeu. Les clubs ne pourront absorber à eux seuls ces hausses.»
En principe, chez la plupart des clubs de golf au Québec, les commandes pour les stocks d'engrais ou de semence et pour les pièces et équipements, sont placées en automne. Donc pour la saison 2025, même si les tarifs douaniers de 25% viennent à être appliqués, le coup sera moins difficile à encaisser.
«Mais qu'en est-il, demande un surintendant rencontré au séminaire de l'ASGQ, pour ceux dont les commandes ne sont pas encore rentrées. Est-ce que la facture grimpera en fonction de l'arrivée des nouveaux tarifs?»
Pour sa part, Trevor Anderson dit faire confiance aux fournisseurs, aux partenaires des clubs qui, à son avis, vont travailler de manière à accommoder leur clientèle.
D'ailleurs, en discutant avec quelques-uns de ces partenaires présents au séminaire de l'ASGQ, il a été possible de constater que leurs démarches vont justement dans ce sens. On précise, sous réserve et en privé, que des mesures sont actuellement évaluées pour diminuer l'impact des tarifs. Par exemple, certaines compagnies, qui ont des usines dans d'autres pays que les USA, développeraient davantage leur production dans ces lieux étrangers, évitant ainsi de soumettre leurs produits aux nouveaux tarifs.
Positif
Mais tout n'est pas sombre, selon plusieurs autres intervenants, particulièrement du côté des directions de clubs de golf.
«On constate une très belle collaboration du côté de nos fournisseurs, mentionne Mme Geneviève Dion du club Acton Vale. Certes, certains coûts risquent d'augmenter, mais nous demeurons encore très compétitifs par rapport à d'autres activités et par rapport à des entreprises étrangères. On a déjà des signaux comme quoi les golfeurs et golfeuses vont encourager l'achat local.»
Le propriétaire du club Le Sélect, à Mirabel, Dany Beauséjour, rappelle que chaque crise amène aussi de belles réalisations en réaction à la menace et ils nous réfèrent à des sondages concernant les lieux de vacances envisagés cet été par les Québécois. Des sondages révélant qu'en effet les vacanciers ont plutôt l'intention de demeurer dans la province cette année pendant les congés estivaux.
«On perçoit un fort mouvement d'opposition envers la nouvelle administration américaine et ça se traduit par plus d'achats de produits canadiens, dit-il. Nous-mêmes, les clubs, nous nous tournons déjà vers des fournisseurs canadiens ou autres que ceux des États-Unis.
«Alors c'est la même chose pour les golfeurs, poursuit M. Beauséjour. C'est évident que plusieurs amateurs québécois vont abandonner leur voyage de golf annuel vers différentes destinations américaines. On parle de milliers de golfeurs et golfeuses. Faites le compte. Si ces milliers de personnes n'ont pas cette dépense extérieure cette année et qu'elles ont un meilleur budget pour leurs activités au Québec, ce sont des millions de dollars qui vont se retrouver dans notre économie.»
Ainsi donc, en 2025, on peut estimer que les coûts pour jouer au golf au Québec ne devraient être guère à la hausse malgré la menace de Donald Trump.









Serge Paradis
Les tarifs de 25% de Trump s’appliquent sur les IMPORTATIONS aux USA et non pas sur les importations au Canada. Si le Canada n’applique pas de contre-tarifs, il n’y aura donc aucun impact.
Stephane Morrissette
De toute manière comme dans n importe quoi toutes les raisons sont bonne pour les augmentations sauf pour les salariés 😉