La Malbaie – «Si je le pouvais, je jouerais ce terrain à tous les jours.»
Darrell Huxham en a vu des terrains de golf. Et il en a construit plusieurs dont la réputation n'est plus à refaire, lui qui est architecte de golf. Parmi ses chefs-d’œuvre, le parcours de 27 trous du Manoir Richelieu reste l'un de ses favoris.
«J'aimerais carrément vivre dans Charlevoix tellement j'apprécie ce terrain de golf; je pourrais ainsi y jouer fréquemment. Je suis honoré d'avoir eu le mandat, il y a une vingtaine d'années, de revoir ce parcours et d'y ajouter 9 autres trous. Le défi était de taille mais si intéressant dans ce lieu accidenté avec une vue superbe», nous confiait-il samedi dernier à l'issue du tournoi soulignant les 100 ans du golf Manoir Richelieu.
Lors de cet événement, nous nous sommes bien sûr plongés dans le passé mais on ne pouvait éviter de parler du présent ou, du moins, des dernières années alors que le parcours signé Darrell Huxham ne laisse nullement indifférent, plaît à coup sûr et traine partout dans le monde une réputation intouchable.
Un jour, un pro de golf (le vénérable Yvon Bouchard pour ne pas le nommer…) nous a livré un témoignage qui en disait long sur la qualité et la beauté de ce terrain de golf. Selon lui, le parcours du Manoir Richelieu n'a absolument rien à envier à d'autres terrains prestigieux et reconnus qu'il avait jusque-là visités.
«J'ai vu Pebble Beach en Californie, j'ai vu Kappalua à Hawaii et, à mon avis, le Manoir est tout aussi spectaculaire que ces deux endroits», avait-il émis lui qui, d'ailleurs, a débuté dans le golf en tant que cadet au club Manoir Richelieu, ayant grandi non loin.
Et ce n'est pas d'hier…
Voilà, du haut des montagnes de Charlevoix surplombant le fleuve large, immense, où tout le décor est plongé dans des teintes bleutées, aquarelles, les vertes allées sont invitantes. Elles sont belles et modernes, pas de doute, mais pour Darrell Huxham, il ne faut pas oublier non plus le travail de l'architecte britannique Herbert Strong qui a dessiné le parcours original.
«Avec les moyens dont il disposait à l'époque et dans un milieu aussi accidenté, mentionne M. Huxham, Herbert Strong a réussi à faire quelque chose de grandiose.»
Pour souligner ce centenaire, les gens du Manoir Richelieu ont confié à Alain Chaput, passionné de golf intrigué par l'histoire de ce sport – comme il aime lui-même se présenter -, la tâche de résumer les débuts de ce golf. Et c'est ainsi que l'on a pu constater cette renommée internationale que connaît le club Manoir Richelieu, elle ne date pas d'hier.
«À ses débuts, de préciser Alain Chaput, le Manoir était essentiellement fréquenté par la bourgeoisie canadienne-anglaise, par de riches touristes américains et européens. Plusieurs artistes d'Hollywood, dont Charlie Chaplin, y ont séjourné.

«Le 18 juin 1925, poursuit M. Chaput, c'est le président des États-Unis (de 1909 à 1913) William Howard Taft qui a procédé à l'inauguration officielle du terrain. M. Taft a séjourné pendant plus de 40 ans dans la région.»
Agréable et amical…
Donc dès ses débuts, le parcours du Manoir Richelieu revêtait une aura de prestige. Le terrain dessiné par Strong avait la cote, on y venait de partout pour le découvrir.
Avant les transformations entreprises vers 2005, on parlait d'un parcours quelque peu compliqué en raison de plusieurs coups à l'aveugle, des blind shots plus familièrement.

«Il a fallu repenser le terrain pour éviter ce genre de coups difficiles, de dire Darrell Huxham. Je considère aujourd'hui que le parcours en est un agréable à jouer, amical.»
Plusieurs diront, et c'est un fait, que le principal défi se situe sur les verts. La présence du fleuve tout près fait en sorte que deviner les courbes, jauger les distances entre la balle et le trou, demeurent un challenge. Comme le grain des verts penchent vers le fleuve, il faut constamment se méfier de la lecture de chaque coup roulé. À l'époque où les cadets œuvraient, ces derniers rendaient la tâche plus facile sur ces verts difficiles à lire.
Ce fut donc un beau tournoi (très, très amical) que celui s'étant tenu au Manoir cette fin de semaine. Un succès dont il faut attribuer une bonne part au directeur du golf Jean-Philippe Moffet, à la responsable des communications Caroline Ouellette et à toute leur équipe. Les invités, pour plusieurs des gens des médias, du hockey professionnel comme David Savard, des membres du club dont M. Joachim Bergeron, le plus ancien d'entre eux comptant 63 ans de fidélité, et quelques personnalités publiques de la région, ont été comblés.







