L'Américain Scottie Scheffler a récolté sa première victoire de l'année 2025, dimanche dernier, en remportant le tournoi CJ Cup Byron Nelson disputé sur le parcours TPC Craig Ranch de McKinney, au Texas. Scheffler l'a fait de façon spectaculaire en égalant le record du PGA Tour pour le nombre de coups joués dans un tournoi de 4 rondes. Son cumulatif de 253 coups (-31) lui a permis de devancer son plus proche poursuivant Éric Van Rooyen par 8 coups.
Cette performance record de Scheffler a mené certains amateurs et analystes de la scène du golf à poser la question sur la difficulté de ce parcours. Évidemment ce n'est pas tous les jours que l'on voit une prestation aussi dominante. À preuve, Scheffler a égalé un record détenu conjointement par 2 autres golfeurs, Justin Thomas et Ludvig Aberg.
La question est légitime. Peut-être ce parcours offrait des conditions de jeu propices à des pointages records. Étant donné la pluie et l'état du terrain, on a permis aux joueurs de placer la balle lorsqu'ils étaient dans l'allée (lift, clean and place). Des joueurs de ce calibre vont prendre profit de cette réalité.
Et peut-être aussi que les joueurs professionnels du PGA Tour sont tellement bons, tellement talentueux qu'ils réussissent des rondes et des semaines de travail exceptionnelles comme celle que Scheffler vient de connaître au Texas, son patelin.
À mon humble avis le mot « facile » ne peut être utilisé pour parler du jeu du golf. C'est tout sauf être facile. Mais une chose est claire pour moi, peu importe le domaine, les meilleurs font paraître leur sport, leur profession, plus faciles. L'exécution des meilleurs approche souvent la perfection. Et c'est ce qui fait qu'ils sont les meilleurs dans leur domaine.
Il existe quelques moyens pour rendre un terrain plus difficile. Laissez pousser le gazon en bordure d'allée, augmenter la vitesse sur les verts, allonger la distance sur les trous, etc…
Mais dans les faits, je crois que les joueurs aiment avoir la possibilité de faire des oiselets plus souvent qu'autrement. Je crois aussi que les amateurs aiment voir leurs joueurs favoris faire des oiselets. À l'occasion, on se permet de créer des conditions de jeu extrêmes (US Open), mais sur le Tour en général les conditions de jeu sont presque idéales et se ressemblent de tournois en tournois.
Bien sûr, chaque parcours a ses caractéristiques, a son trou ou ses trous signatures. Une allure (lay-out) qui le définit et le différencie des autres terrains. Mais à la base, la qualité des verts, des allées, des fosses de sable et des tertres de départ sont optimales. Au même titre que la qualité de la patinoire dans la LNH, de la surface de jeu au football, au baseball. Les standards sont élevés.
Statistiques
Une petite recherche sur les résultats des 20 premiers tournois disputés jusqu'ici sur le PGA Tour démontre que pour gagner sur le Tour, il faut réussir des oiselets, beaucoup d'oiselets.
Le pointage gagnant moyen après 20 tournois est 18.5 coups sous la normale. En incluant le tournoi par équipe en Nouvelle Orléans il y a quelques semaines, 9 des 20 gagnants cette saison ont terminé la compétition avec un cumulatif de -20 ou mieux.
La meilleure performance versus la normale revient à Hideki Matsuyama lors du premier tournoi de la saison, à Hawaï. Un cumulatif de -35 pour le golfeur japonais.
Le plus petit pointage versus la normale pour une victoire revient à Harris English lors du tournoi Farmers Insurance à Torrey Pines, à San Diego, en début de saison. English a complété son tournoi 8 coups sous la normale.
En moyenne, les joueurs du Tour inscrivent 3.6 oiselets par ronde. En 2024, Scottie Scheffler a connu une saison exceptionnelle et sa moyenne d'oiselets par ronde était plus de un de mieux que la moyenne, soit 4.88 par ronde. Phénoménal!
En conclusion, je ne crois pas que l'on doive modifier les parcours. Les golfeurs professionnels sont de meilleurs athlètes , s'entraînent mieux et frappent la balle à des distances incroyables. L'équipement est aussi de plus en plus performant et l'ajustement des élans à l'équipement des joueurs aident aussi à repousser les limites.
Scottie Scheffler fait partie de l'élite du golf et l'instant d'une semaine il était dans une zone inatteignable, tout simplement. Du grand art qui l'a rendu intouchable la semaine dernière.
Je vous invite à réagir à ce blogue ici ou à l'adresse raycloutier999@hotmail.ca
Vous pouvez aussi me suivre sur X @cloutierray et sur ma page Facebook.
Bonne semaine!







