J'ai passé un superbe journée ce mardi à regarder les golfeurs qui participaient à la 91e édition du tournoi Duc de Kent sur le parcours Royal du club Royal Québec à Boischatel. Le gagnant Vincent Mucci a remis une carte de 65 (-7) pour l’emporter. Une journée presque parfaite ( 7 oiselets, 11 normales) pour ce jeune père de famille âgé de 34 ans.
Tout au cours de la journée j'ai aimé échanger avec les amateurs de golf qui s'étaient déplacés pour l'occasion. Et à un moment donné est venu le sujet du golf professionnel. À quel point c'est difficile d'y accéder et surtout d'y demeurer.
Parce que, soyons honnêtes ici, il y en a des excellents joueurs de golf au Québec. Des golfeurs qui jouent régulièrement sous la normale il y en a plein dans la province. La preuve était sur le terrain à Boischatel, mardi.
Je sais que la discussion a déjà été faite. Mais c'est intéressant et toujours d'actualité d'y revenir. Quand aurons-nous un Québécois sur le PGA Tour? Et pourquoi n'y en a-t-il pas encore ?
Bien sûr notre situation géographique n'est pas avantageuse. Ici, au Québec, on peut jouer au golf (à l'extérieur) 6, peut être 7 mois par année au maximum. Les meilleurs et/ou les plus fortunés s'exileront pendant l'hiver pour poursuivre leur développement dans des endroits où la neige n'existe pas.
Ceci n'est pas pour rabaisser ou diminuer le talent de nos golfeurs québécois mais j'ai fait une petite recherche pour regarder le genre de saison que connaissent nos golfeurs sur les différents circuits professionnels chapeautés par le PGA Tour.
Sur le circuit Korn Ferry Tour, l'antichambre du PGA Tour, on retrouve un golfeur québécois , Étienne Papineau. Au moment d'écrire ces lignes, Papi occupe le 143e rang au classement. Jusqu'ici il a joué 16 tournois, a réussi 4 fois à faire la coupure et 12 fois il n'a joué que 2 rondes. Ses gains totaux pour l'année s'élèvent à 21 571$. Son pointage moyen est 70.85, donc en dessous de la normale 72. C'est très bon mais insuffisant pour faire plus que 25% de coupure dans ces tournois. on le voit, c'est fort le Korn Ferry Tour.
Sur le PGA Tour Americas (qui est d'ailleurs à Bromont cette semaine), 2 Québécois y évoluent régulièrement. D'abord Joey Savoie de St-Jean-sur-Richelieu qui en est à sa 2e saison sur ce tour dont les bourses sont inférieures au Korn Ferry Tour. Cette saison il a joué 7 tournois et a fait la coupure 3 fois. Sa meilleure performance a été une 10e place au Brésil au début avril. Pour ses efforts, Joey a accumulé 6823$ jusqu'ici en 2025. Ce qui le place au 57e rang de la Coupe Fortinet.
L'autre Québécois sur ce tour est Brandon Lacasse de Châteauguay. Il a joué 6 tournois cette année.
Il existe quelques minis tours ici et là où les Québécois tentent leur chance à travers des milliers de golfeurs aussi talentueux qu'eux. L'entonnoir se rétrécit. Beaucoup d'appelés, peu d'élus. Et à un moment donné arrive la réalité, il faut gagner sa vie, se réaliser professionnellement et personnellement. Et il y a les enfants, peut-être, les factures à payer assurément. Le revenu du golf professionnel s'éteint petit à petit.
Évidemment le golf est un sport qui peut se pratiquer toute la vie. Le plaisir de réussir son coup de golf nous garde accro à ce merveilleux sport.
Je vois des programmes de développement pour les juniors dans la région de Québec où, tout en s'assurant que le plaisir est au rendez-vous, s'affirment des jeunes et talentueux joueurs de golf de toute la province. L'encadrement s'améliore toujours.
J'aime faire le parallèle avec un autre sport individuel, le tennis. Sans trop me tromper, j'ose dire que Eugénie Bouchard, Félix Auger-Aliassime , Leylah Fernandez et Gabriel Diallo qui évoluent maintenant dans la cour des grands permettent à ce sport de passer au prochain niveau. Ils suscitent alors de l'intérêt des jeunes, attirent des commanditaires et le tennis gagne en popularité même auprès de ceux et celles qui ne s'y adonnent pas.
Je suis confiant que ça arrivera au golf et l'impact sera le même, sinon plus, puisque le golf reste un sport plus pratiqué que le tennis. En attendant, nos jeunes golfeurs amateurs continuent de rêver. Il faut beaucoup de persévérance ( et souvent d'argent, j'en conviens) pour atteindre le sommet de la pyramide.
À noter que les femmes sont en avance sur les hommes au niveau de la LPGA. Maude-Aimée Leblanc, Sarah-Maude Juneau ou encore Anne-Catherine Tanguay ont toutes atteintes le grand circuit. Et bien sûr, il y a eu la grande Jocelyne Bourassa dans les années 70.
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Bonne semaine!








