Lors de mes deux dernières chroniques, je vous ai expliqué comment l’arbitre en chef peut, selon les décisions qu’il prend, rendre un terrain plus difficile et que cela dépend souvent des directives qui lui sont données par le comité du tournoi (association de golf, le propriétaire du circuit ou le commanditaire).
J’ai reçu quelques commentaires de votre part me demandant des explications sur le pourquoi de rendre un terrain difficile ou pas.
Je vais puiser dans mes souvenirs et vous donner quelques exemples selon les organisations. Dans une autre chronique à venir, je vous donnerai mon opinion sur la préparation des terrains selon qu'il s'agit d'un tournoi pour hommes ou pour femmes.
PGA TOUR
Les commanditaires ont un gros mot à dire sur les objectifs de scores. Certains veulent des scores très bas, ce qui est pas mal la norme.
Cependant, pour avoir eu la possibilité d’être à certains tournois du PGA Tour, la qualité des joueurs est tellement extraordinaire que nous sommes limités dans ce que l'on peut faire. Ces athlètes sont de très longs cogneurs et des magiciens autour des verts. Leur plus gros handicap est le vent, comme on l’a vu en fin de semaine aux Bermudes.
Au US Open, la USGA demande que l’herbe longue soit très longue et elle rationne l’eau sur les verts.
MINI-TOUR – Golfeurs professionnels
Ce sont des petits circuits professionnels qui sont habituellement dirigés par un individu ou un groupe d’individus. J’ai eu à préparer des terrains en Cartoline du Sud, en Géorgie, en Arizona, en Ontario et au Québec.
Certains propriétaires me demandent clairement de positionner les drapeaux à des endroits faciles car ils veulent voir des scores bas. D’autre circuits veulent donner un vrai test de golf et ils veulent que le terrain soit difficile.
Pour des raisons d’affaires, certains ne veulent pas perdre des joueurs, donc des revenus. D’autres ont le but précis de préparer les joueurs à des niveaux supérieurs; il faut donc leur rendre la vie difficile.
ASSOCIATION DE GOLF AMATEUR
Les associations de golf ont habituellement un objectif de volume. Il est tout à fait normal de favoriser la participation car si le niveau de difficulté était trop élevé, il y aura moins de participants.
Chaque association a ses propres objectifs. Cela rend notre travail plus difficile car il faut vraiment trouver le meilleur équilibre entre donner un défi intéressant à l’élite et rendre l’aventure intéressante pour ceux qui sont moins talentueux.
CHAMPIONNATS NATIONAUX
Au Canada, les championnats nationaux sont sous la responsabilité de Golf Canada et, aux États-Unis, c’est la United States Golf Association (USGA) qui gère le tout. Dans les deux cas, le niveau de difficulté est pas mal plus élevé. Les joueurs québécois de haut niveau ne sont pas toujours préparés adéquatement aux conditions plus difficiles.
On voit le même problème au niveau universitaire. Les bons joueurs amateurs au Québec ont parfois de la difficulté à rivaliser avec les golfeurs des autres provinces, la qualité des joueurs est élevée et les terrains sont habituellement plus difficiles. On le voit aussi chez les amateurs qui atteignent le circuit universitaire américain.
CONCLUSION
En général, le golf au Québec est en très bonne santé. Il y a de nombreux nouveaux golfeurs, la participation est très bonne. Un jour, lorsque l’entreprise privée va se réveiller, on verra peut-être plus de Québécois à la porte des circuits majeurs et qui seront mieux préparés puisqu'ils auront moins de soucis financiers… À suivre.








