Il y a de ces parcours où le plaisir de s'y retrouver se manifeste au-delà de la pratique elle-même du golf: le décor est charmant, la qualité des installations emballe ou, encore, les lieux sont baignés d'histoire dans laquelle il est agréable de plonger. Et c'est justement le cas du club Beaconsfield qui, à l'issue d'un plan de restauration de 3 ans, renoue maintenant avec son look d'antan.

«Nous avions abordé des gens de l'industrie pour obtenir leur point de vue sur la façon dont ils voyaient des améliorations possibles à notre club. Il y a eu des propositions de modernisation mais ce n'est pas vraiment ce vers quoi nous voulions aller. Nous avons plutôt retenu la suggestion de l'architecte de golf Jeff Mingay qui a signé plusieurs grands parcours, dont celui de Cabot Links, en Nouvelle-Écosse», de préciser Louis Laflamme, un des membres du comité qui a géré le plan de restauration à Beaconsfield et avec qui nous avons joué, tout récemment, pour découvrir les changements apportés.
Nous accompagnaient pour l'occasion, Suzanne Lapalme, elle aussi membre du comité en question, et Louise Patry, figure bien connue dans le monde du golf au Québec ayant entre autres été présidente de la fédération québécoise et qui œuvre maintenant au sein de Golf Canada à titre de présidente du Conseil des provinces.
Tout au long de la partie, ils nous entretiennent sur leur club et les changements récemment apportés au terrain grâce à un investissement sur 3 ans évalué à 8,5 millions $. Ils rappellent d'abord que le club a été créé en 1904 et ce fut le célèbre architecte Stanley Thompson qui l'a dessiné et conçu. Le choix de faire appelle à Jeff Mingay découle justement de sa proximité avec l'art de Thompson.
«L'expertise de Mingay, explique Louis Laflamme, va dans la même lignée que celle de Thompson. Il a pu mettre la main sur le plan initial du parcours de Beaconsfield dessiné par Thompson et qui était archivé à l'Université de Guelph (ndlr: une école spécialisée et reconnue dans le domaine de l'architecture paysagiste). C'est ainsi que Mingay a proposé de ramener le look du terrain à ses origines.»
Fétuque et bunkers

En somme, les travaux qui viennent de prendre fin se veulent avant tout une belle et grande cure de beauté, une manucure nécessaire après toutes ces années. Il n'y a pas de changement majeur au niveau du jeu comme tel, il est plutôt question de nouveaux coups d'œil, d'un décor rappelant le passé du parcours.
Sur ce plan, la présence de bunkers stratégiques, avec des reliefs
particuliers et souvent bordés de fétuque, donne parfaitement cette allure rustique, vintage.
«Il fallait faire ces changements, mentionne Suzanne Lapalme, car au fil des ans, le terrain avait perdu de son charme. Il y avait des fosses de sable, près de certains verts, qu'on ne voyait même pas de l'allée, on les découvrait une fois seulement arrivé au green. Maintenant, ces obstacles sont bien visibles et donnent un cachet particulier au trou, un style d'antan qui plaît.

«Avec les années, poursuit-elle, la nature a changé et le décor n'avait pratiquement plus rien de commun avec le design original. Les arbres ont poussé, projetant de l'ombre sur des endroits qui avaient justement besoin de soleil. Certains ont donc été enlevés pour aérer l'espace pendant que d'autres ont été (ou le seront prochainement) plantés. Il y avait aussi des espaces inutilisés pour le jeu comme tel mais qu'on entretenait malgré tout. Maintenant, ceux-ci sont couverts de fétuque et rendent le coup d'oeil plus agréable.»
Évidemment, bien avant que ces améliorations ne soient
apportées, le club de Beaconsfield a toujours eu une excellente réputation. À chaque mois de mai, le club reçoit l'un des tournois majeurs au Québec, à savoir l'Omnium printanier où les meilleurs joueurs amateurs et professionnels s'affrontent. Une série de qualifications se tiennent sur différents terrains au Québec avant l'événement car tous veulent se mesurer à leurs pairs sur ce parcours de qualité.

«Ce n'est pas un terrain très long, mais il faut bien analyser chacun des coups avant de s'élancer, nous dit Louis Laflamme en début de partie. Les verts sont immenses et souvent les fanions sont placés de façon stratégique. Mais ici, à Beaconsfield, ce que l'on retient le plus, c'est le niveau élevé de difficulté des pars 3.»
Nous l'avons vite constaté à la toute première normale 3, soit le quatrième trou (appelé l'Oasis, chaque trou à Beaconsfield a un nom) qui, des départs arrière, atteint les 230 verges. Il est bien
droit mais il faut être précis car des fosses de sable protègent le vert sur la gauche et sur la droite.
Et il y a le 13. Le Village de 220 verges avec une entrée au green très, très limitée compte tenu du bunker menaçant tout juste devant, un peu sur la droite.
Toutefois, à propos des pars 3, il faut parler du 15e trou, le Gibraltar. Il porte très bien son nom puisqu'un immense rocher se dresse derrière le vert, donnant un coup d'œil exceptionnel à cette normale 3 qui se veut le trou signature du parcours.
Pour jouer Beaconsfield, il faut être membre ou invité de membre. On retient de ce passage le plaisir, comme mentionné au début, de fouler des allées centenaires, d'évoluer dans un milieu respectueux des traditions, bref une belle expérience.
Malgré un hiver difficile, le parcours est en très bonne condition si ce n'est que sur certains trous, l'herbe a souffert juste à l'entrée de greens. Et ces derniers… que dire? Sans aucun défaut, fermes et rapides pour des coups roulés tenant parfaitement leur ligne.
Et tout cela dans le contexte de marcher dans les traces des premiers golfeurs en Amérique!
(À noter que c'est l'entreprise NMP inc. qui était en charge des travaux et que la firme Kelly-Ami s'est occupée de la conception du réseau de drainage.)










Yves Brousseau
Bonjour! Merci pour cet intéressant article sur les travaux de rénovation au Club de golf de Beaconsfield.
J’aimerais ajouter en mentionnant le nom de l’entrepreneur en charge des travaux, NMP inc. Ainsi que la firme Kelly-Ami était en charge de la conception du réseau de drainage.
Merci!
GML
Merci pour cette info. On va le souligner dans le texte.