Dans son plan de carrière, la golfeuse québécoise Valérie Tanguay avait pointé une participation aux jeux olympiques de Paris 2024. Celle qui a déjà été sélectionnée sur l'équipe junior canadienne a finalement eu la chance de participer à ces fameux jeux mais d'une manière totalement inattendue, soit en agissant comme analyste du golf féminin à la télé de Radio-Canada, diffuseur de Paris 2024.
«Ce fut vraiment une belle expérience, une expérience incroyable!», résume-t-elle, le ton joyeux, lors d'un entretien hier (mercredi).
«Je me suis retrouvée, poursuit-elle, dans un univers totalement inconnu, celui de la télédiffusion, j'ai eu la chance de vivre de l'intérieur une description de compétition. Je m'y suis sentie dès le départ très à l'aise, j'ai vraiment eu du plaisir.»
Dans les rangs juniors, Valérie Tanguay de Saint-Hyacinthe, athlète issue de l'Académie de Golf Fred Colgan (AGFC), a connu beaucoup de succès qui l'ont amenée à être sélectionnée sur l'équipe nationale et qui lui ont permis d'être recrutée par une université américaine (Oklahoma). À la fin de ses études, elle a obtenu ses cartes de professionnelles mais là, la Covid a fait son œuvre…
«J'ai dû réorienter mon projet de carrière, précise celle qui fêtera bientôt ses 29 ans. Je me suis retrouvée enseignante au niveau primaire. Je peux dire que j'enseigne maintenant à l'année longue. L'hiver, ce sont les matières académiques et l'été, je travaille avec Marc-André Guimond, à la Vallée du Richelieu, auprès des juniors. J'ai passé par là, je sais ce que c'est de faire de la compétition au niveau junior, je sais c'est quoi composer avec le stress des épreuves, les déplacements et les entrainements.»
Et la compétition professionnelle? Qu'en est-il?
«Je me limite aux tournois de la PGA Québec, explique-t-elle. Depuis que j'enseigne dans une école, j'ai pris goût à la stabilité et au salaire fixe. Ce qui n'est pas le cas lorsque tu fais de la compétition sur les circuits professionnels, alors que tu es constamment à la recherche de commanditaires et toujours sur la route, dans des familles d'accueil.»
Donc l'enseignement est devenu sa niche, elle s'y plaît et n'a d'autre ambition que de s'améliorer dans ce domaine. Mais Valérie Tanguay demeure une femme de défi. Et cet été, un beau défi, justement, s'est présenté avec le JO. Un ami travaillant à Radio-Canada a suggéré son nom comme analyste de l'épreuve féminine au golf, en compagnie du journaliste d'expérience Jean Saint-Onge.
«Mon ami, relate-t-elle, avait mentionné à ses supérieurs que j'avais côtoyé plusieurs des golfeuses qui s'affrontaient à Paris. Et c'est le cas. Je me suis souvent retrouvée à des compétitions où les Lydia Ko, Nelly Korda et autres y participaient. Je connais les forces de chacune, la manière dont elle frappe, si l'une est une longue cogneuse ou si une autre frappe la balle avec un crochet, etc. Alors je me sentais en mesure de relever ce défi.»
Elle l'a donc fait et dans les jours suivants cette expérience, les bons commentaires qu'elle a reçus l'ont comblée.
«Il y en a eu un (commentaire) plutôt désagréable sur les réseaux sociaux mais en général, ce fut encourageant. Je savais que je ne pouvais pas être parfaite. J'ai aimé ce travail et si jamais on me fait la même proposition dans 4 ans, eh bien je suis partante sans hésiter!», conclut-elle fièrement.








