Les exploits se sont succédé tout au long de l'été, Thomas Grenier les accumulant avec satisfaction, bien sûr, mais aussi avec son calme désarmant.
«C'est vrai que l'on me fait régulièrement ce commentaire comme quoi je suis calme. C'est effectivement dans ma personnalité, je ne m'énerve jamais et cela, je crois, m'aide sur le terrain pendant les compétitions. Quand il y a de la pression, je l'affronte mieux en restant calme ou, quand je connais un mauvais trou, cela m'aide à mieux rebondir», précise Thomas Grenier lors d'un entretien samedi dernier.
D'une année à l'autre, au Québec, quelques jeunes se démarquent, explosent, nous en font voir de toutes les couleurs avec leurs performances exceptionnelles sur les parcours. En 2025, Thomas Grenier, 19 ans, de Thetford Mines, est sans contredit l'un d'eux.
Parions qu'on le retrouvera sur l'équipe canadienne avec tous les exploits et records qu'ils a accumulés au cours de la saison. Il serait surprenant que cela en soit autrement pour cet élève du Collège St. Lawrence, à Québec, et membre de l'Académie de Golf Fred Colgan qui a été dominant non seulement au niveau provincial mais aussi national. D'ailleurs, sa première ronde au Championnat canadien amateur, où il a joué un spectaculaire 62 au club Rivermead, est passée à l'histoire.

Ce jour-là, il a établi le record de tous les temps au Rivermead et le record d'une ronde dans ce tournoi national. Un 62 lors d'une journée au Championnat canadien, cela ne s'était jamais vu et, bien sûr, cela en a surpris plusieurs. Ainsi, tous les projecteurs se sont tournés vers lui et, il l'admet volontiers, cette subite attention l'a beaucoup déstabilisé.
«Prendre les commandes d'un aussi gros tournoi dès la première journée avec un tel score, souligne-t-il, a été quelque peu ébranlant, surtout après toutes ces réactions suivant ma performance. Je n'étais plus dans le coup les jours suivants et j'ai fini au 33e rang.»
N’empêche, pour un jeune qui en est à sa dernière année junior, cette performance au Championnat canadien demeure un fait exceptionnel, comme quelques autres exploits qu'il a réalisés au cours de la saison 2025. Avec son calme légendaire et son talent remarquable, il a cumulé pas moins de 4 victoires dont le Championnat provincial junior, aux Boisés de Joly, où il a terminé la compétition avec la marque de moins 14!
Il a aussi mis la main sur le trophée de champion sur le circuit collégial et a signé une victoire lors d'une épreuve en équipe au club alpin avec son partenaire Philippe Dion, un autre très bon joueur de Thetford Mines.
Puis, cerise sur le sundae, il remporte le Championnat élite Notah Begay III où, encore là, son attitude détendue l'a grandement aidé.
«Ce fut un tournoi très relevé, rappelle-t-il. Au dernier trou, il fallait absolument que je réussisse un oiselet pour assurer la victoire. Je l'ai fait! Cette victoire me permettra, l'an prochain, de participer à un tournoi sur le PGA Tour America.»
Comment se fait-il qu'il se démarque autant en 2025, lui qui fait de la compétition depuis quand même quelques années déjà, lui a-t-on demandé.
«L'an passé, répond-il, je jouais souvent sous la normale sans vraiment gagner mais, quelque part, cela a comme été un déclic. Puis j'ai travaillé fort avec mon coach Michael Harvey pendant l'hiver sur l'aspect mental, de même que sur la technique et sur la préparation physique. Quand les compétitions ont débuté, je me sentais en très bonne forme, bien préparé et très confiant.»
Issu d'une famille de très bons golfeurs, dont entre autres son oncle Charles Côté qui, lui aussi, à une certaine époque, a été très solide autant sur les niveaux junior, amateur et professionnel, Thomas Grenier vise évidemment une carrière dans le golf professionnel. Il lui reste une année d'études à St. Lawrence avant de regarder les offres en provenance des universités américaines pour évoluer sur les circuits de la réputée NCAA.
«J'ai eu jusqu'ici quelques discussions mais il n'y a encore rien d'arrêté, on poursuit notre réflexion», a-t-il spécifié.
Lors de notre conversation samedi, le jeune homme ne savait toujours pas s'il allait être sélectionné pour faire partie de l'équipe canadienne. La composition de cette dernière doit être bientôt connue et, comme précisé plus haut, il serait surprenant que son nom n'y figure pas.








