Comme vous l’avez lu la semaine dernière, il y a quelques variables pouvant influencer le niveau de difficiculté d’un terrain de golf. Ces quelques variables peuvent aussi faciliter le jeu.
J’ai eu la chance d’être arbitre en chef dans plusieurs circuits de golf tant professionnels qu’amateurs au Québec, au Canada et aux États-Unis. Il arrive parfois que je prodigue des conseils virtuels sur la préparation de tournois ailleurs dans le monde. Le type de compétition dicte habituellement le niveau de difficulté souhaité.
Cette semaine, je vais traiter de l’emplacement des drapeaux qui est la variable la plus importante dans mon travail.
DIFFÉRENTS JOUEURS / DIFFÉRENTS TALENTS
Dans une région comme le Québec, nous faisons face à un défi de taille. On veut attirer beaucoup de joueurs dans nos tournois et on veut aussi donner un défi intéressant aux meilleurs qui iront éventuellement se mesurer aux meilleurs ailleurs qu’au Québec.
Quelques fois cela semble incompatible surtout au niveau des compétitions collégiales, universitaires et celles chez les filles où il y a moins de participantes. Il est déjà difficile de trouver des terrains comparables à ce qui se fait de mieux ailleurs et qui sont disposés à recevoir des tournois.
EMPLACEMENT DES DRAPEAUX
Une fois que je suis nommé arbitre en charge d’une compétition, une des tâches consiste à déterminer les emplacements de
drapeaux. Pour ce faire, ça prend certains appareils comme un stimpmeter qui mesure la vitesse des verts et d’un niveau 360 degrés pour vérifier la pente.
De plus, il faut être continuellement en contact avec le surintendant car il peut nous indiquer son estimation de la vitesse des verts lors du début de la compétition. Habituellement, les verts sont plus lents quelques jours avant la compétition. On ne doit donc pas se fier au moment où je suis sur le terrain quelques jours avant le début de la compétition.
Lorsque des verts sont petits, ondulés et rapides, il est très difficile de trouver des emplacements de drapeaux convenables. Pour rendre le parcours plus difficile, on va placer des drapeaux derrière les fosses de sable ou près de la bordure. Dans certains endroits, surtout si le trou est plus facile, on va placer le trou dans une légère pente.
CAS VÉCU
Il y a quelques années, il y avait une compétition très importante regroupant les meilleurs joueurs professionnels du Québec et de l’Ontario, en rajoutant quelques joueurs du reste du Canada et certains américains. Historiquement, ce terrain de 6 700 verges n’avait pas beaucoup de défenses contre ces joueurs talentueux. Sur 4 jours, on avait plusieurs scores de -20 et même jusqu’à -28. La coupure se faisait à environ moins 2 ou moins 3.
Certains membres influents m’ont demandé si je pouvais faire quelque chose pour rendre leur vie un peu plus misérable! La seule arme à ma disposition était les emplacements de drapeaux car le terrain se jouait déjà au maximum et on ne peut pas avoir de trou plus petit que 4 ¼ pouces sur les verts.
J’ai choisi, pour la dernière ronde, sur les 18 trous, les emplacements les plus difficiles, ceux qui étaient cachés par une fosse de sable ou par une protubérance sur le vert. Je me suis quand même assuré qu’il n’y avait pas de pente 2 pieds autour du trou. Après 3 rondes, les meneurs étaient à environ moins 22, moins 24 et tous les joueurs étaient sous la normale.
Lors de la ronde finale, le résultat a été catastrophique (pour eux). Sur les 70 joueurs, seulement 4 ont joué sous la normale, plusieurs ont même joué près de 80. Il y a eu de nombreuses plaintes. Certains disaient qu’ils n’étaient pas des joueurs du PGA Tour et que les membres à leurs clubs de golf ne seraient pas fiers d’eux. Il n’y a que les membres du club qui étaient contents.
Je ne l’ai plus refait par la suite… Les instructions étant que les organisateurs voulaient des bons scores.









