«Je ne m'entraîne pratiquement jamais, je suis trop paresseux. J'ai zéro intérêt pour jouer au golf si ce n'est pas en compétition. C'est ce qui m'allume!»
Luc Guilbault venait de disputer la première ronde de l'édition 2026 du Duc de Kent quand il nous fait cette révélation comme quoi le golf, pour lui, c'est d'abord et avant tout une occasion de se mesurer aux autres. Et à 67 ans, il le fait maintenant depuis 50 ans!
Quand il s'était installée sur la terrasse du Royal Québec pour l'entrevue, il venait de terminer à plus 1, flirtant alors avec les positions de tête menées par des kids de 40 ans plus jeunes que lui. C'est cette tendance chez Luc Guilbault de toujours se hisser parmi les meilleurs lors d'importantes compétitions qui nous a inspiré cette rencontre.
On lui en fait part mais il rétorque: «Tu sais, je n'ai pas une collection de titres. J'ai bien sûr remporter des tournois mais rien de spectaculaire.»

Sur le terrain comme dans sa vie privée, il est plutôt du genre réservé. Il se prête néanmoins à l'entrevue sans toutefois y aller de grandes envolées sur
ses prouesses, au même titre qu'il reste discret, peu expressif, sur les fairways même quand il domine. Certes, il ne le démontre pas mais, pour lui, offrir de bonnes performances ou encore, bien sûr, signer une victoire, c'est une sensation dont il ne se lasse.
«J'ai commencé le golf vers 14 ou 15 ans et, tout de suite, ce fut la piqûre, rappelle-t-il. C'était à Drummondville et dans notre secteur, il y avait un bon groupe de juniors très forts, compétitifs, des gars comme Jean Laforce qui est un pro bien reconnu au Québec. C'est à cette époque j'ai pris goût à la compétition.»
Puis il développe sur sa passion et là, ses yeux brillent, même s'il demeure toujours posé.
«Le golf, commence-t-il, c'est avant tout une façon de se mesurer à soi-même. Ton esprit est entièrement consacré à la stratégie, au contrôle des émotions, à la façon de t'adapter aux différentes situations qui se présentent. C'est toi contre le terrain. Les autres compétiteurs, c'est ton baromètre. Tout ça, peu importe ton âge.»
L'âge, justement… Il est pratiquement l'un des rares de sa génération qui ont dominé le golf québécois il y a quelques années, à toujours participer aux compétitions provinciales. Comment compose-t-il avec le fait de maintenant se mesurer à des jeunes loups bardés de titres majeurs et épaulés par une équipe d'entraîneurs, de préparateurs physiques, de psys et autres?
«Je ne fais plus que le Duc de Kent, confie-t-il. Pour l'Alexandre de Tunis et le Championnat provincial, je sais bien que je ne suis plus dans le coup. Souvent, j'ai un driver dans les mains quand les jeunes ont, eux, un fer! Ça signifie que sur 4 normales 5 en moyenne, je perds 4 coups sur eux par partie. Ils atteignent pratiquement tous les pars 5 en deux, ce qui n'est pas mon cas.»
Comptable de profession, Luc Guilbault a bien fait ses calculs et il choisit maintenant ses combats. À l'exception du Duc de Kent, presque juste les épreuves seniors figurent dorénavant à son agenda. C'est ainsi qu'il s'est retrouvé au Manitoba, récemment, pour le Championnat canadien senior où il a terminé à égalité huitième chez les super seniors.
«Avoir l'opportunité de jouer des terrains de grande qualité, dit-il, c'est surtout ça qui m'a motivé de rester dans la compétition. Grâce à mes résultats, j'ai eu la chance de jouer des parcours exceptionnels où je n'aurais jamais pu y mettre les pieds si je n'avais pas fait de compétition.»
Luc Guilbault a flirté brièvement avec les pros, il y a quelques années, une aventure qu'il n'a guère appréciée.
«À cette époque, rappelle-t-il, il était question de créer un circuit professionnel senior. Alors j'ai fait le saut j'ai les pros, ce qui n'a pas été une bonne idée car le circuit n'a jamais décollé. J'ai alors perdu quelques années de compétition amateur puisqu'il y a une période de transition quand on abandonne le statut de professionnel.»
Parlant de pro, on l'aborde au sujet de la fameuse question existentielle à savoir si, un jour, on verra un Québécois sur le PGA Tour.
C'est encore le spécialiste des chiffres qui suggère une réponse: «Est-ce qu'on a la masse critique?, soulève-t-il. Franchement, je ne sais pas.»









