Fréjus – Tout jeune et pourtant dans son CV, déjà figure une expérience exceptionnelle auprès des plus grands greenkeepers (surintendants de golf). Au club de golf Roquebrune, en France, à 25 ans, Mathieu Ricard est à l’œuvre avec comme bagage des mois d'apprentissage dans des lieux mythiques tels Muirfield en Ohio et TPC Sawgrass en Floride.
«Eh oui!, échappe-t-il avec un brin de fierté dans les yeux, j'ai participé à la mise en place des tournois Memorial et du Players Championship. J'étais aussi de ceux qui ont préparé le terrain à Inverness, en Ohio, où se tenait la Solheim Cup 2024. Maintenant, j'aimerais bien être de l'équipe de terrain lors de la prochaine Ryder Cup en Irlande.»
En sa compagnie, on ne s'ennuie pas. Ses histoires (de belles histoires) au sujet de ces clubs de golf de très grande renommée qu'il nous partage, on ne se lasse pas de les écouter.
Rappelons d'abord que, partout dans le monde où il y a un terrain de golf, les artisans derrière les belles allées et les beaux verts demeurent les surintendants, connus en Europe et dans le monde anglo-saxons sous l'appellation greenkeepers. Quand on dit à nos copains de golf que l'on a récemment joué tel ou tel parcours, ils nous demandent rarement si le stationnement était convenable ou si les sandwichs étaient bons. Non, les questions tournent toujours autour de la qualité des verts et des allées. Car sur les greens et dans les fairways, c'est là où tout se joue, évidemment.
Ceci dit, revenons à ce jeune homme originaire de la région de Bordeaux et qui a eu l'audace de traverser l'Atlantique pour évoluer auprès des grands noms de la profession comme, entre autres, Chad Mark du Country Club at Muirfield, le club où Jack Nicklaus est l'hôte du tournoi Memorial.
«J'ai beaucoup appris avec Chad, raconte Mathieu Ricard. Avec lui, il est toujours question de recherche de la perfection, le moindre détail compte. Il m'a aussi montré à être ferme pour obtenir les meilleurs résultats. Pas à être dur envers les autres pour juste être dur ou pour mettre en avant-plan ton autorité. Non. Dur pour que chacun accomplisse du mieux possible son travail et, du coup, pour être ensuite fier des résultats.»
Ce souci du détail explique probablement la raison pour laquelle il a toujours avec lui un putter et un stimpmeter lorsqu'il roule avec son véhicule de terrain sur le parcours. «J'aime bien vérifier par moi-même si les greens roulent bien, sont impeccables», dit-il sur un ton badin, comme si cela allait de soi.
Et à Sawgrass? Qu'est-ce que tu retiens de ton expérience sur ce célèbre parcours devenu légendaire grâce au Championnat des Joueurs et son fameux 17e trou, ce par 3 qui est une île, lui demande-t-on.

«À TPC Sawgrass, explique-t-il, j'ai connu le grandiose, tout est immense dans tous les domaines. Par exemple, sur le parcours Stadium où se tient le tournoi, on compte 70 employés de terrain. Sur l'autre 18 trous, le Valley, il y en a une quarantaine. Et quand le Players Championship arrive, les deux équipes de terrain sont regroupées pour ainsi offrir les meilleures conditions de jeu.»
Ouf! Quand même! Quelques 110 personnes pour entretenir un terrain de golf…
Arroser les greens à la main
Il a donc passé près de deux ans aux États-Unis pour apprendre des meilleurs. À son retour en France, il est devenu l'un des plus jeunes surintendants de golf en titre à un club, en l'occurrence celui de Roquebrune sur la Côte d'Azur.
Mais comment toute cette aventure a débuté pour Mathieu Ricard?
«J'ai grandi dans une famille de golfeurs, celle-ci excellant entre autres dans la gestion des eaux sur un parcours. Alors quand est venu le temps de trouver un emploi d'été pendant mes études, je me suis vite retrouvé sur un parcours de golf. C'était au club Cabot Bordeaux, l'un des plus beaux terrains de golf de France où j'arrosais les greens manuellement parmi mes tâches quotidiennes. Et c'est là que j'ai eu la piqûre pour ce type de travail.
«Un terrain de golf, poursuit-il sur un ton enthousiaste, emporté, c'est un milieu de travail exceptionnel. Comme travail, c'est tellement varié et tellement gratifiant de voir les changements pour le mieux qui s'opèrent après nos efforts. Et le cadre de travail… Peut-on demander mieux?»
Dès qu'il eut terminé sa formation, à 22 ans, il a tout de suite fait des démarches pour trouver un emploi aux États-Unis. L'un de ses contacts qui l'a aidé dans ses démarches, sera justement de l'équipe qui travaillera au club Adare Manor en Irlande lors
de la Ryder Cup 2027.
«J'ai déjà fait ma demande, mentionne Mathieu Ricard et je crois avoir de très, très bonnes chances d'être retenu. Ce serait encore là une vraie belle expérience.»
Dans une carrière aussi jeune, effectivement, ajouter une Coupe Ryder à son CV, ce serait remarquable.
Alors avec cet acquis important, pense-t-il retourner en Amérique un jour et, pourquoi pas, au Québec?
«Je ne sais pas, dit-il, je suis très bien ici, à Roquebrune où la qualité de club est exceptionnelle. Mais pour le Québec, même avec ses hivers, qui sait? À Muirfield j'ai connu ce qu'est la fermeture et la réouverture d'un terrain en raison de la froide saison.»









